C’est ainsi que leur relation fut noble….
C’est autour de la figure du Père qu’Emmanuel Tresmontant a construit ce récit singulier qui se lit comme un roman. Mais ce témoignage venu des tripes et du coeur n’a rien de commun avec la Lettre au Père (1919) dans laquelle Kafka tenta d’exorciser la peur que lui inspirait le sien. Pourquoi d’ailleurs aurait-on peur d’un père absent, qui abandonna sa famille pour en fonder une autre alors que le plus jeune de ses quatre fils, Emmanuel, avait tout juste un an ? Une histoire familiale somme toute banale si le père en question n’avait été Claude Tresmontant (1925-1997), philosophe chrétien et métaphysicien, théologien féru de cosmologie dont l’oeuvre est considérable - une quarantaine d’ouvrages publiés entre 1953 et 1997 – et dont l’enseignement fascina les étudiants qui suivaient ses cours en Sorbonne jusqu’à ce que sa pensée, discréditée par ses pairs qui la jugeaient rétrograde, tombe dans l’oubli.
Par Françoise Bonardel - Photo D.R.
Recent Comments